Notes
Sans accès, tenu à distance.
Ne rien promettre.
Toujours se protéger de l'intention.
Cesser de nommer vers quoi on s’avance.
Rendre invisible l'élan.
Comment se construit cet espace à portée immédiate ?
Un enracinement brut et, de l'autre côté, des mouvements ascendants.
Une pesanteur légère.
Une pesanteur qui entraîne un glissement inévitable vers le bas.
L'espace s'y densifie et s'y simplifie à la fois.
Ce lieu de négociation entre ce qui est montré et ce qui est refusé de voir, structurellement indisponible.
Quoi exclure ? Quand s'arrêter ? Où ne pas aller ?
Dans quelle mesure laisser des signes suffisamment explicites ?
Tout est dans notre positionnement par rapport à ce qui est communément admis ?
Etre dans l'incapacité d'aller vers certains sujets.
Une architecture d'évitement.
Préserver un noyau d'opacité interne.
Le manque structure la présence.
Donner un sens supplémentaire précisément par son absence.
Les oppositions restent vivantes.
Sans réciprocité nécessaire.
Sans justification.
Ne pas avoir accès aux intentions réelles.
Un sujet qui cherche à se saisir, à s'archiver, à se stabiliser, à se nommer, et qui, dans chaque tentative, produit précisément la preuve que cela ne peut pas se faire.
Cette trajectoire d'un sujet encore localisable, un "je" qui parle et se regarde, vers une disparition progressive de ce sujet au profit de restes : lumière, sols, surfaces, noirs et blancs.
La photographie est elle-même.
Un corpus qui réussissait à se saisir lui-même n'aurait plus rien à dire.
Ce n'est pas une impasse mais la structure même du travail.
Une désynchronisation permanente entre l'intention et le résultat.
L'image présente, le texte diffère.
S'expliquer à soi-même.
L'intuition d'avoir trouvé des liaisons.
Chercher une structure de récurrence.
Arriver à isoler au sein du flux incessant du visible.
L'expérience de regarder quand tout se retire.
Au-delà.
Une répétition expérimentale, comme une redondance, mais dont le cadre évolue très légèrement.
Une négociation permanente.
Rester serré, presque obstiné.
Créer des sous ensembles autonomes.
Compartimenter l'expérience.
Ces listes fragmentaires.
Creuser ses obsessions ou chercher une rupture ?
La peur de ne plus être en possession d'enlever.
Un doute quant à la mise en circulation, qui provoque une forme d’immobilité.
Il y a toujours une peur d'une dispersion.
Un jeu sans réelle gravité.
Un corpus qui joue encore.
Soumettre ses images au temps, et tester ses idées.
Ce travail évolue lentement par strates, où l'ordre de construction me paraît fondamental.
Poursuivre des recherches sous d'autres formes.
Créer puis élaguer doucement.
Travailler la réduction.
Se contenter de solutions provisoires et avancer par palier.
Avoir conscience que tout système a une fin.
Précisément conçu pour ne pas aboutir, pour ne mener nulle part.
Par une logique de boucle, dans une esthétique de désorientation.
Ne rien résoudre.
Il faut qu’il reste un écart, c’est ce qui fait tenir le travail.
Le refus systématique de toute coïncidence stabilisante.
Les avis extérieurs ne doivent pas être recherchés et il est sain de s'en prévenir.
Ne pas précipiter une réponse, ne pas orienter le travail qui suit.
Sans savoir où aller.
Avec toi.
Pour un nouveau cycle ?
Laisser le monde se retirer dignement.
Sans réponse.
Murmurer.